Des étudiants de sciences-po dénoncent la culture du viol

#SciencesPorcs… Sur les réseaux sociaux, des étudiants de Sciences-po, partout en France, dénoncent des viols ou agressions sexuelles dans les écoles, et le silence de l’administration.

Depuis l’affaire Duhamel, Sciences-Po est dans la tourmente. 

Olivier Duhamel a été accusé d’inceste par sa belle-fille, Camille Kouchner.

Le constitutionnaliste, dirigeant et prof à Sciences-Po, aurait abusé du frère jumeau de la juriste à l’adolescence.

Des questions se posent : entre autres, qui était informé, qui savait sans oser parler ?

Le livre de Camille Kouchner “La familia grande”, a bouleversé Sciences-po et au-delà, toute une classe de dirigeants et anciens élèves de la prestigieuse école.

La parole se libère

Des étudiants livrent des témoignages édifiants, sur de probables agressions sexuelles ou des viols, qui auraient eu lieu à Sciences-Po, lors de soirées d’intégration par exemple.

Ils dénoncent une culture du viol et de la “non-action”, puisque de nombreux textes rapportent un silence des administrations, quand les faits étaient rapportés. 

Paris, Bordeaux, Strasbourg, les récits arrivent de toute la France et sont partagés des milliers de fois sur Twitter avec ce hashtag #SciencesPorcs.

Rien qu’à Strasbourg, au moins six témoignages d’agressions ont été publiés.

Dont un qui rapporte “que des élèves de la promotion précédente avaient violé une trentaine de filles, pendant les soirées d’intégration ”. 

Sciences-Po Strasbourg, devant le déferlement des témoignages, a publié un communiqué sur son compte Instagram. Extraits :

Suite aux commentaires reçus sur notre compte Instagram, nous tenions à réaffirmer que Sciences Po Strasbourg prend très au sérieux le sujet des violences sexistes et sexuelles. Les équipes de direction de Sciences-Po Strasbourg, passées et présente, font tout pour lutter contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles. La nouvelle équipe de direction, élue depuis septembre 2020  porte une attention particulière à ces problèmes, en étroite collaboration avec le collectif Arc en Ci.elles (un collectif féministe intersectionnel de l'école qui a pour mission de sensibiliser et d’instruire les élèves de l'IEP aux problématiques du sexisme et de ses violences, du racisme, de l'antisémitisme, de l'islamophobie, les LGBTQIphobies et le validisme). La direction est, au contraire, d’une très grande vigilance à l’endroit de toutes les formes de discrimination et de violence. Si ce genre d’affaire venait à survenir ou à être révélé et si suffisamment d’éléments permettent d’en attester la véracité, la direction sera impitoyable et utilisera tous les moyens juridiques à sa disposition.

En réponse, de nombreux internautes ont critiqué les mots de Sciences-Po Strasbourg, accusant la direction de ne pas faire assez pour les victimes et contre les personnes soupçonnées d’agressions. 

Vous protégez et cachez les violeurs. Vous êtes des vendus. Sous prétexte qu’ils sont de telle ou telle famille, leur études et avenir passent avant le fait de détruire d’autres vies ?

Sur Twitter ou Instagram, la militante féministe Anna Toumazoff rassemble les témoignages des étudiants et les réactions.