Marche des visibilités : festivité et lutte contre l'homophobie

La Marche des visibilités organisée par l’association FestiGays prendra le départ samedi 9 juin depuis la place de l'Université pour sa 16e édition.

Les thèmes : la famille homo-parentale et le combat pour la réforme du code de la santé publique. 

Un combat pour la communauté LGBTI

Cinq ans après la loi autorisant le mariage pour tous, le combat pour l’égalité des couples de la communauté LGBTI (Lesbienne, Gay, Bi-sexuel, Transgenre, Intersexe) avec les couples hétéro-sexuels n’est pas terminé.

La marche qui se tiendra demain place de l’Université portera sur le droit d’accès aux techniques APM (assistance médicale à la procréation) ou PMA (procréation médicalement assistée) avec pour slogan “Nos familles méritent vos droits

Environ 10 000 personnes devraient défiler pour cet événement de grande ampleur qui s’inscrit dans le Mois des visibilités organisé par la même association jusqu’au 17 juin 2018.

Au programme, différentes projections de films, des expositions, des conférences et beaucoup d’autres choses encore...

Retrouvez le programme des festivités ici

Des discriminations toujours plus nombreuses

Le rapport annuel de SOS Homophobie soulevait une hausse significative de 4,8% entre 2016 et 2017 du nombre d’actes homophobes au niveau national.

En 2013, le rapport avait répertorié un pic du fait des débats concernant l’adoption de la loi autorisant le mariage homosexuel. 

Pourtant, le droit européen garantit déjà une protection des droits des communautés LGBTI depuis la disgnature du traité d’Amsterdam en 1997 interdisant les discriminations “fondées sur l’orientation sexuelle”. 

En 2000, l’interdiction touche le milieu professionnel. 

On a l’impression que les hommes gays sont plus touchés par les remarques dans la rue et les insultes. Et puis les hommes sont aussi ceux qui insultent le plus. 

confie Maureen, lesbienne et membre de l’association “Collectif copines” de Sciences Po Strasbourg.

Les atteintes aux personnes LGBTI ne se font pas seulement dans la rue mais aussi sur les réseaux sociaux.

Emilie, bi-sexuelle explique,

Mon ex-copine a supprimé tous ses comptes des réseaux sociaux parce qu’elle se faisait insulter et que ça l’énervait de voir des gens comme ça encore à notre époque.

Maureen remarque quand même une légère amélioration des mentalités.

En fait, les jeunes sont plus ouverts d’esprit parce que la nouvelle génération y a été plus sensibilisée. C’est avec les générations précédentes que c’est compliqué…

Les agressions physiques quant à elles ont augmentées de 15% entre 2016 et 2017 toujours selon le rapport de SOS Homophobie. En effet, une agression à lieu tous les trois jours pour motif d’homophobie. 

Être LGBTI

Quand tu découvres que tu es LGBTI, tu as l’impression de te balader avec une étiquette sur toi et que tout le monde le sait. 

explique Maureen.

Emilie, elle, n’a jamais eu de problèmes particuliers. 

Heureusement pour moi, j’ai toujours été entourée de personnes ouvertes d’esprit et je n’ai jamais été insultée à cause de mon orientation sexuelle.

Les films et les livres sur le sujets se développent de plus en plus. On peut par exemple citer le film “La vie d’Adèle” d’Abdellatif Kechiche primé à Cannes en 2013 qui avait fait débat concernant la limite d’âge recommandé pour le voir. 

Alors que dans certains pays, le film était interdit aux moins de 16 ans, dans d’autres la limite d’âge a été abaissée à 12 ans, partant du principe que les rapports sexuels qui apparaissent à l’écran sont consentis.

Le tabou autour de la question est toujours présent mais le thème tend à être de plus en plus abordé pour ouvrir l’esprit de tous à la diversité. 

On peut d’ailleurs retrouver le nouveau film “Love,Simon” de Greg Berlanti qui sortira le 27 juin 2018 au cinéma et qui aborde l’homosexualité ainsi que le coming out en mêlant sérieux, mystère et humour. 

Si vous êtes victime d’agression, d’insultes ou de tout autre acte LGBTphobe, contactez une association proche de vous.

Vous pouvez vous adresser à SOS homophobie au 01.48.06.42.4, aux associations Refuge ou La Nouvelle Lune sur Facebook pour Strasbourg ou alors l’association Autre Regard de Mulhouse au 06 79 79 59 73.