C’est LA nouveauté conso de cette fin d’année : des consommateurs s’allient à des producteurs pour proposer des produits “C’est qui le patron?”

Solidarité

Lait

Une brique de lait “participative” a été lancée cette semaine à Paris et à Lyon, de la marque “C’est qui le patron?”. L’idée derrière le packaging bleu : des consommateurs et des producteurs fixent un cahier des charges sur internet pour obtenir un produit “+ durable  et + équitable pour tous”.

Ce lait, produit en France, est acheté à de meilleurs prix (que les industriels, souvenez-vous de la crise du lait de cet été). Les agriculteurs respectent certaines règles éthiques comme le bien être animal ou la nourriture sans OGM. En quelque sorte, du circuit court 2.0.

Le lait “C’est qui le patron?” sera distribué à partir du 2 novembre prochain (0,99 € le litre) dans 5200 grandes surfaces de l’hexagone.

https://twitter.com/Musicapablo31/status/788829851839033345

Du jus de pommes (d’Alsace) ?

Des producteurs de jus de fruits en Alsace veulent rejoindre le mouvement. Pour valoriser la production locale mais aussi gagner plus ! Dans les prochains jours, VOUS déciderez du bon prix à pratiquer et du cahier des charges, avec les producteurs du coin.  Daniel Dettling est producteur de fruits (pommes, mirabelles, cerises) à Westhoffen, patron de l’association des producteurs de fruits d’Alsace (APFI). La structure regroupe 29 producteurs de fruits dans la région. Ils travaillent déjà avec l’équipe qui a lancé le lait “C’est qui le patron?”.

Nous avons déjà un cahier des charges, inspiré de l’Association Nationale Pommes Poires. Nous ne faisons pas du bio, mais nous sommes soucieux de l’environnement en limitant l’usage de pesticides par exemple. Nous pratiquons la prédation naturelle : des larves de coccinelles mangent les pucerons.

En résumé, ces producteurs alsaciens ont déjà un cahier des charges aux petits oignons, qu’ils vont soumettre aux internautes (donc vous), d’ici à la semaine prochaine normalement, à cette adresse. Ensuite, on discute le prix.

Pour faire simple, nous aimerions avoir environ 25 centimes de marge sur un kilo de pommes avec cette démarche. En ce moment, c’est même pas 10 centimes. Depuis 3 ans, nous souffrons beaucoup. 

Du jus de Pologne

Le saviez-vous ? La Pologne est le premier producteur européen de pommes. Les jus de pommes que vous achetez en grandes surfaces est, en grande partie, “du concentré de pommes de Pologne” explique Daniel.

Ça fait un peu mal non ? Des tonnes de pommes qui viennent par camions de Pologne, là ou la main d’oeuvre est bien moins payée qu’ici. Nous, nous luttons pour l’emploi local. Il faut privilégier le circuit court, les produits d’Alsace, frais, de qualité. Le consommateur est de plus en plus sensible à nos explications.

Le jus de pommes est fabriqué à partir de produits de second choix, pommes moins bien calibrées par exemple.

Transparence

Bonus : la transparence du prix. Comme c’est vous qui décidez du cahier des charges et que vous aidez à fixer les prix, le producteur doit expliquer “l’investissement”.

Imaginons que nous puissions proposer un prix à 2 euros le litre — attention, c’est un chiffre au hasard — nous expliquerons ce que nous toucherons et ce que coutera la fabrication. Prenez le lait : le producteur touche 39 centimes, 10 de plus qu’avec les industriels. Il y a moins d’intermédiaires, c’est plus simple pour tout le monde et plus économique.

La saison de récolte des pommes est en cours dans la région. Il y aurait environ 170 producteurs en Alsace, qui sortent 23 000 tonnes de pommes en moyenne chaque année.

Et pour rire un peu, le sketch du Palmashow sur le lobby du lait.