C’est au tour des professeurs de médecine des Hôpitaux universitaires de Strasbourg de manifester contre le manque de moyens de l’hôpital public. 

Ils se sont retrouvés lundi 26 mars au matin, devant l’Agence régionale de santé (ARS) à Strasbourg (située rue du Maréchal Juin), pour alerter les pouvoirs publics des difficultés que rencontrent les personnels des hôpitaux publics. 

Le professeur Jean-Philippe Mazzucotelli, chef de service de chirurgie cardiaque à l’Hôpital civil, revient sur le déroulé de la manifestation : 

Nous avons été plus nombreux que prévu, un peu plus d’une centaine. Nous avons été reçus par l’ARS, mais rien de nouveau : ils n’ont fait que prendre des notes sans rien nous proposer de concret. Nous irons probablement porter plainte, la semaine prochaine, pour “mise en danger de la vie d’autrui”, “harcèlement du personnel” et “maltraitance des patients”. 

Car selon lui et ses confrères rassemblés devant l’ARS, l’hôpital public souffre d’un manque de moyens, qui ne date pas d’hier : 

On manque de tout : de personnel, de matériel, de lits… ça ne peut plus durer, la sécurité des malades est en jeu ! Pourtant de l’argent public, il y en a : l’ARS a choisi de financer la clinique Rhéna à hauteur de 20 millions d’euros, or la clinique est privée. Ils sont eux-mêmes sous la pression du ministère, qui voudrait réduire les dépenses de santé. Mais ils ont aussi une certaine marge de manoeuvre… et ont les moyens de changer la situation dans les hôpitaux publics !  

Si aucune mesure n’est prise, lui et ses confrères envisagent de continuer à soigner les malades, tout en ne déclarant plus les actes médicaux :

Nous avons dans notre mission un certain nombre d’obligations administratives, et nous avons déjà commencé à ne plus remplir ces obligations. S’il le faut, nous arrêterons de coder les actes médicaux, et l’hôpital ne sera donc plus payé. Cela pourrait aller jusqu’à une grève totale et un arrêt des soins… Le combat continue !