Chaque année, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie le 17 mai, l’association SOS Homophobie publie un rapport sur l’homophobie en France. En 2017, elle révèle une augmentation du nombre d’actes homophobes en France, et l’Alsace n’est pas épargnée.
La situation ne va pas en s’améliorant : selon l’association SOS Homophobie, qui publie un “Rapport sur l'homophobie 2018”, 1 650 personnes auraient été victimes d’actes homophobes en 2017, un chiffre en augmentation de près de 5% par rapport à 2016. Dans le Grand Est, 73 témoignages ont été recueillis par l’association, donc 28 en Alsace.
Parmi ces témoignages, la plupart concernaient des manifestations de rejet (62%) et des insultes (52%). Les cas de discrimination (34%) et de harcèlement (20%) sont également fréquents.
Le nombre d’agressions physiques est également reparti à la hausse, après plusieurs années de baisse. 139 cas ont ainsi été recensés en 2017 dans toute la France, soit une agression en moyenne tous les trois jours.
La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT a de son côté dénombré 1 026 crimes et délits à caractère homophobe pour l’année 2017, dans un rapport publié le 15 mai. La différence de chiffres s’explique notamment par le fait que la Délégation, rattachée au ministère de l’Intérieur, ne comptabilise que les cas où il y a dépôt de plainte, ce qui n’est pas toujours le cas.
https://twitter.com/SOShomophobie/status/997181208625909763
Des violences au travail, au domicile mais aussi à l’école
Dans le rapport publié par SOS Homophobie, nombreux sont les témoignages de personnes ayant subi des brimades, des insultes, des rejets, au sein de la sphère familiale, professionnelle mais aussi à l’école et sur Internet.
L’association note ainsi une augmentation de 38%, par rapport à 2016, du nombre d’actes homophobes en milieu scolaire. Joël Deumier, Président de l’association, souligne par exemple que l’insulte “PD” est l’une des insultes les plus souvent utilisées entre les élèves :
Les jeunes ont des réflexes homophobes et transphobes dès le plus jeune âge, mais ils ne sont pas homophobes par nature.
Pour lutter contre ces insultes et brimades, l’association intervient régulièrement dans les collèges et lycées pour sensibiliser les élèves aux dégâts, notamment psychologiques, que peuvent causer ces actes homophobes. Au niveau national, SOS Homophobie indique ainsi être intervenue dans 560 établissements scolaires.
https://twitter.com/SOShomophobie/status/996986020003491840
Pour recueillir tout témoignage concernant un acte homophobe, l’association SOS Homophobie a mis en place une ligne d’écoute anonyme, au 01 48 06 42 41, accessible en semaine de 18 à 22 heures, le samedi de 14 à 16 heures et le dimanche de 18 à 20 heures.


