Après Paris, c’est Strasbourg qui vient d’ouvrir sa “salle de consommation à moindre risque” sur le site de l’hôpital civil.
Des locaux lumineux flambants neufs accessibles depuis les quais Pasteur. Une salle d’accueil avec café, jeux de société et musique classique. Une salle de consommation pourvue de six “box” pour les injections, deux pour le snif et une pour l’inhalation, avec matériel mis à disposition. Une salle de repos. Mais attention qui dit mise à disposition de drogue ne signifie pas aide à la consommation.
Nous ne faisons pas cela pour faciliter la consommation de drogue, mais pour limiter les risques et essayer de trouver une porte de sortie.
Le maire Roland Ries sait déjà qu’il y aura résurgence du débat public dans les prochains jours, même si les échanges n’ont jusque là pas été houleux.
Nous avons l’aval du procureur de la République et le fait que cet espace soit sur un site hospitalier limite les débats.
Strasbourg est la deuxième ville française à avoir sa salle de shoot ou “salle de consommation à moindre risque” pour rester dans le politiquement correct.
Réduire les risques
Objectif premier: réduire les risques et la contraction de “maladies connexes”.
Notre volonté, c’est que les personnes aillent vers des traitements, des sevrages. Les personnes toxicomanes qui entreront ici seront entourées de médecins, d’infirmiers, de psychologues.
Danièle Bader, directrice de l’association Ithaque, sait d’expérience que c’est dans l’accompagnement que l’on limite les risques. Notamment chez les personnes les plus vulnérables et précaires. Pour exemple, une personne atteinte de l’Hépatite C peut guérir dans les deux mois dans 90% des cas… Mais pour cela, elle doit être diagnostiquée, ce qui est désormais possible dans ce nouvel espace disposant d’un fibrotest.
Strasbourg, avec Paris, fait figure de pionnière en France. Un projet transfrontalier — l’Eurodistrict est partie prenante dans le fonctionnement et le financement — dont l’investissement s’élève à 400 000€ et le budget de fonctionnement annuel à 950 000€, assuré par la Sécurité sociale.
Entre 80 et 100 passages sont attendus quotidiennement avec une ouverture365 jours par an de 13h à 19h. Une première évaluation devrait être réalisée dans six mois.
Le maire a par ailleurs rappelé que la police n’allait pas interpeller les délinquants sur le chemin de ce nouvel espace dédié à la lutte contre la toxicomanie.


