Le nouvel arrêté concernant le travail dominical sera présenté en conseil municipal ce 12 décembre. Il prévoit notamment de limiter la superficie des commerces alimentaires autorisés à ouvrir.

N’avez-vous pas été surpris à la fin de l’été de voir le supermarché Match de la Robertsau ouvert le dimanche matin? A compter du 1er janvier, ce ne sera plus le cas. La Ville de Strasbourg a décidé de revoir l’arrêté du maire de 2013 autorisant l’ouverture des commerces alimentaires le dimanche. 

Nous avons décidé de réviser cet arrêté car il ne prévoyait pas de limite de surface. Or avec plus de 2000 m2 on est loin du commerce de proximité et de l’objectif initial de l’arrêté de booster le petit commerce alimentaire et de satisfaire aux nouveaux besoins de consommation.

Le premier adjoint Alain Fontanel et Paul Meyer, adjoint au centre ville, précisent par ailleurs qu’il s’agissait pour eux de: 

préserver et d’encadrer les choses. Si Match peut ouvrir cela banalise le dimanche, ce que nous ne voulons pas. 

A l’inverse, le maire de Strasbourg et son équipe ne souhaitent pas interdire le travail — encadré tant en termes d’horaires que de salaire — du dimanche dans les commerces alimentaires.

Ce serait être complètement déconnecté des nouvelles habitudes des consommateurs et la porte ouverte à d’autres modes de consommation comme la livraison de denrées alimentaires par des prestataires extérieurs type Amazon Fresh, même le dimanche.

A Strasbourg en tout cas, il est terminé le temps où l’on remplissait son chariot le samedi pour la semaine. Une enquête consommateur révèle ainsi que les urbains font plusieurs fois leurs courses dans la semaine chez différents commerçants. 74% des Strasbourgeois interrogés se sont dits favorables à l’ouverture des supérettes le week-end. 

Concrètement ce qui va changer

  1. Les boucheries-charcuteries, fleuristes, boulangeries et boulangeries-pâtisseries pourront ouvrir cinq heures, de 7h à 13h les dimanches et jours fériés. Dans son arrêté qu’il dévoilera prochainement, le préfet autorisera trois heures d’ouverture supplémentaire aux boulangers pour qu’ils puissent travailler en amont de l’ouverture au public.
  2. Les commerces alimentaires, hors drive, dont la surface est inférieure à 1000 m2 pourront ouvrir quatre heures, jusqu’à 13h. Soit une heure de plus qu’actuellement (les supérettes doivent fermer à 12h pétantes)
  3. Dans les Zones Franches urbaines et quartiers prioritaires, cette autorisation vaut pour les commerces alimentaires jusqu’à 2000 m2. “Car plus on s’éloigne du centre, plus les commerces de proximité sont grands. Or nous ne souhaitons pas les pénaliser”, précisent les élus.
  4. Les commerces de moins de 120 m2 seront autorisés à ouvrir dix heures consécutives — contre trois actuellement — lorsque l’arrêté du préfet arrivera en complément de celui du maire. Sont concernés notamment les épiceries, les stations service, les pâtisseries. 

Enfin, si comme nous vous aviez toujours cru que le droit local interdisait le travail dominical, sachez que c’est tout le contraire!

Le droit local permet le travail dominical mais le maire peut restreindre ce droit et le préfet l’étendre.

Cette délibération sera débattue en conseil municipal de Strasbourg le 12 décembre. Pour les autres communes du département, le Conseil départemental dévoilera ses propositions ce jeudi. Les débats promettent d’être animés, car sur l’ouverture des commerces le dimanche, il y a autant d’avis que de solutions.