Les députés européens choisissent ce mardi le nouveau président du Parlement Européen. 

D’accord, on peut dire que vous vous fichez complètement de cela et vous ne connaissez certainement pas les candidats. Mais cette élection pourrait changer bien des choses pour Strasbourg…

Bruxelles vs Strasbourg

Qui va remplacer Martin Schultz ? Les 751 députés européens votent à partir d’aujourd’hui lors d’une session plénière à Strasbourg. Le scrutin, à plusieurs tours, pourrait durer au moins 3 jours.

Sur la ligne de départ, 7 candidats : Gianni Pittella, Antonio Tajani, Helga Stevens, Guy Verhofstadt, Jean Lambert, Laurentiu Rebega, Elenora Forenza.

Bon à savoir : si, dans la longue et interminable bataille du siège, Schultz était résolument un pro-Strasbourg, tous les candidats cités (tous !) sont pour un siège unique du Parlement Européen à Bruxelles. 

Hier 16 janvier, la Task Force de Strasbourg, l’équipe en charge de défendre le siège en Alsace, présidée par Catherine Trautmann, a envoyé un courrier aux 7 candidats. Pour rappeler que ce serait cool de respecter les traités qui font de Strasbourg une vraie capitale européenne.

Extraits :

Strasbourg, siège du Parlement européen, tire sa légitimité non seulement du droit mais aussi de l'Histoire. La construction de l'Europe s'est effectivement fondée sur le dépassement des conflits historiques et, singulièrement, sur la réconciliation franco-allemande dont Strasbourg est le symbole. 

La construction européenne s'est en effet réalisée sur le principe de trois villes hôtes d'institutions, jouant chacune un rôle nécessaire et indispensable. Aux côtés de Bruxelles et de Luxembourg qui incarnent respectivement le pouvoir exécutif et judiciaire de l'Union européenne, Strasbourg est le siège du pouvoir législatif. Il ne s'agit donc pas d'opposer ces trois capitales mais bien de les associer dans une perspective de complémentarité. 

Et de rappeler que de toute façon, il faudra modifier les traités à l’unanimité pour supprimer le parlement à Strasbourg. La lettre est signée par Catherine Trautmann, Roland Ries (maire de Strasbourg), Philippe Richert (président Grand Est), Frédéric Bierry (président CD 67), Robert Herrmann (président Eurometropole).

Déjà un plan B?

Sauf qu’une très large majorité de députés européens souhaite ne plus trimbaler ses cantinières de documents entre Bruxelles et Strasbourg, ils veulent rester à Bruxelles ! Et les députés peuvent choisir la ville ou siège le parlement.

Les arguments sont toujours les mêmes : rester à Bruxelles, c’est moins cher et mieux pour l’environnement. Vraiment ? Les défenseurs de Strasbourg prouvent le contraire. Si vous avez le courage, des dizaines de pages d’un rapport (“Strasbourg, The Seat”) sont à lire ici.

Retenez ce chiffre : en 2015, le budget du Parlement Européen était de 1,75 milliard d’euros.

Depuis des mois (et plus), le mot “compensation” se fait insistant dans les cercles d’initiés. Oui, le Parlement Européen risque bien de partir sans volonté politique européenne forte de le maintenir dans la ville qui a fait naître l’idée d’Europe (Churchill, 1949 par exemple, mais c’est pas important, si?).

Reste à donner un os à ronger à Strasbourg. Peut-être une très grande université européenne ? Un candidat, Philippe Lambert, écologiste, évoque la possibilité de faire de Strasbourg la “capitale académique de l’Union Européenne”.

Pourrait-on voir cette année une nouvelle petite annonce immo ? “À louer, bâtiment de 220 000m2, 17 étages, 72 m de haut, grandes surfaces vitrées, grands parkings, salon de 750 sièges pour le home cinema”. 

Après le Brexit, après les modifications de l’Espace Schengen (les frontières), avec la montée d’un populisme anti-européen partout sur le vieux contient, un psychodrame du “siège” ne fera que rajouter à la sinistrose ambiante concernant l’Europe.

https://twitter.com/Strasbourgeurop/status/821263379524448256