La première “salle de shoot” de France, ou plutôt salle de consommation à moindre risque, va ouvrir vendredi à Paris. Ensuite, ce sera à Strasbourg.

Inauguration ce matin dans la capitale, ouverture en fin de semaine.

Safe

Le principe de la “salle de shoot” est simple : les personnes très dépendantes aux drogues dures pourront utiliser du matériel stérile pour leurs préparations, sous surveillance médicale dans un espace dédié. L’idée est d’éviter les contaminations (Sida, hépatites), de sortir les drogués de lieux parfois sordides, de sécuriser le “shoot”. Mais surtout, d’entamer avec des spécialistes un vrai travail de désintoxication, d’accompagnement et de réinsertion. Ces salles contrôlées ont été lancées en Suisse à Berne en 1980.

La salle parisienne (dans le 10ème arrondissement), sera la première du genre en France. À l’inauguration ce matin, il y avait entre autres l’association Ithaque d’Illkirch-Grafenstaden, qui va travailler dans la prochaine salle de shoot. Elle ouvrira fin du mois (normalement) à Strasbourg. La ville avait dès 2010 montré son intérêt pour ce projet (débat sur Alsace20 à revoir là). Le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg, porte le dossier.

La question c’est  : est-ce qu’on va les laisser en difficulté aves les maladies ou est-ce qu’on va les accompagner pour lancer des soins ?

L’équipe médicale d’Ithaque est spécialisée dans le suivi des addictions. Dans la salle strasbourgeoise (espace de 300m2 aménagé dans l’ancien hôpital civil au centre ville), des médecins, infirmières, travailleurs sociaux vont accueillir les personnes dépendantes pour définir avec elles un parcours de soins.

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Mise à jour 18H

Tchapp a pu s’entretenir quelques minutes avec Daniele Bader-Ledit, la directrice de l’association Ithaque, qui était à Paris ce matin. 

Vous avez une date précise pour l’ouverture de la “salle de shoot” à Strasbourg ?

Pas tout à fait. Nous ferons la réception des travaux fin octobre, ce sera dans la foulée je pense mais il y a encore quelques détails à caler. La ville va communiquer dans les prochains temps.

Paris/Strasbourg, allez-vous fonctionner de la même manière ?

Il y a de grandes similitudes entres les deux projets. Le mode de fonctionnement sera à peu près le même. Mais le contexte est très different : il y aura beaucoup plus d’usagers à Paris.

Avez-vous anticipé le nombre de personnes qui pourraient venir vous voir ?

Nous parlons de passages, puisqu’une personne peut venir à plusieurs reprises. Nous pensons avoir de 100 à 150 passages par jour dans la salle de consommation à moindre de risque de Strasbourg. C’est difficile d’anticiper, nous en saurons plus au bout de 3 ou 4 mois de fonctionnement. L’équipe sera composée principalement de 6 professionnels, infirmières et aidants sociaux. Un médecin également par demi-journée. 

Contente de voir le projet aboutir ?

Absolument ! Vous savez, la première fois que nous avons présenté ce projet de salle à Strasbourg, c’était au début des années 2000, il y a presque 20 ans. C’est non seulement bien, mais c’est mieux. 

Vous comprenez les craintes de certains qui pensent que ce sera juste une salle pour se droguer plus facilement ?

Oui bien sûr, mais nous devons expliquer. Nous n’arrêterons pas de faire de la pédagogie. Ce ne sera pas une salle pour “se droguer”, mais un lieu pour être en sécurité, pour être au contact du personnel soignant. Le jour ou la personne addict voudra s’en sortir, nous serons de suite avec elle. C’est notre objectif. Il faut comprendre que les gens que nous allons accueillir sont dans une très grande détresse. Ces personnes sont de toute façon en dehors du circuit traditionnel. Il faut les aider.