L’antenne strasbourgeoise d’i-boycott.org est inaugurée le 29 mars. Consommateur, vous avez votre mot à dire !
Je boycotte, donc je suis.
Acteur
Quand on discute avec Steeve Ambiehl, on se dit que bon dieu, ce serait simple de tout changer. Et pourtant…
Ce Strasbourgeois de 32 ans, expert-comptable, lance i-boycott ici en Alsace.
Il y a une dizaine de membres dans l’équipe pour le moment, des étudiants, des jeunes patrons, des cadres. Moyenne d’âge, 30-35 ans. Nous voulons remettre de l’éthique et certaines valeurs dans les actes d’achats.
La structure associative est née à Lyon il y a un an et demi. Depuis, des i-boycott, il y en a un peu partout en France.
Le principe ?
Le boycott bienveillant. Un consommateur peut dénoncer une pratique, nous la publions après une étude sérieuse du cas. C’est un appel au boycott du produit ou de la boîte incriminée. Elle peut répondre et nous restons dans le dialogue. On ne pointe pas du doigt, notre démarche n’est pas du tout punitive ! Il s’agit d’informer et de progresser.
Voici l’outil du consommateur lanceur d’alerte…
Éthique
i-boycott veut défendre certaines valeurs. En mode justicier des réseaux sociaux ?
Non. Il peut y avoir des débats et nous sommes face, parfois, à des conflits d’opinions. C’est pourquoi nous vérifions les faits, nous pouvons refuser des demandes de consommateurs. Ensuite, nous ne tirons pas de profits de cette activité, c’est totalement indépendant et libre. Enfin, nous voulons faciliter les échanges entre les entreprises et les consommateurs, remonter les infos, les plaintes comme les améliorations.
Climat social dans l’entreprise, engagement pour l’environnement, redistribution des richesses, acquittement des impôts en France, l’ADN d’i-boycott ressemble à un programme électoral idéal.
Il y a peu de temps, nous avions dénoncé Starbucks qui ne verse pas l’impôt en France. Il y a eu énormément de réactions sur le net. Nous voulons aider les consommateurs à mieux dépenser, avec discernement. Il faut prendre conscience que nos achats peuvent influer sur la bonne marche de la société.
Fair Trade
L’association s’engage : l’appel au boycott ne sera pas bête et méchant. Si un produit est boycotté pour des questions écologiques (huile de palme par exemple), une alternative plus ‘durable’ sera proposée.
Les lignes doivent bouger. Si on consomme n’importe quoi, on aura n’importe quoi. Regardez le nombre de consommateurs qui se plaignent en ce moment des démarches de certains groupes, ou qui ne savent même plus quoi manger. Et puis, vous avez envie de dépenser de l’argent et que ça parte ailleurs grâce à de complexes montages fiscaux ?
Le consommateur retrouve ses esprits et donne du sens à ses choix. Même en achetant des yaourts ou en partant en vacances.
Prenez Booking. Le site fait 30% de com sur les ventes, des petits hôteliers sont asphyxiés. Préférez FairBooking, c’est collaboratif et tout aussi efficace.
Autre exemple, Zara. Super votre t-shirt acheté moins cher qu’un plat du jour... Mais ce groupe textile a viré il y a quelques semaines des milliers de personnes d’usines au Bangladesh.
Pourquoi ? Les ouvrières demandaient une hausse des salaires. Elles gagnaient en moyenne 60 euros chaque mois.
En pétard, des consommateurs ont dénoncé cette pratique. i-boycott a lancé une campagne, à voir là.
i-boycott Strasbourg, le 29 mars, vous pouvez devenir bénévole. Steeve nous explique que la première campagne locale pourrait bien concerner un acteur important de l’agro-alimentaire qui ne respecterait pas l’environnement.


