La place Kléber à Strasbourg a été animée ce jeudi après-midi par Osez le féminisme et le Mouvement du Nid.
S’informer autrement
Vous les avez peut-être vus cet après-midi place Kléber : les membres d’Osez le féminisme et le Mouvement du Nid ont tenu des stands d’information.
L’idée : faire le bilan de la loi sur l’abolition de la prostitution, promulguée il y a un an.
L’événement a intrigué tout le monde, d’abord peut-être à cause des nombreuses animations proposées.
Un groupe de gospel a donné de la voix et des graffeurs des coups de bombe (de peinture), entre un petit quizz sur la prostitution et des prises de paroles des représentants de différentes institutions politiques.
Regardez notre reportage photo dans le slider.
Isabelle Collot (Mouvement du Nid) est organisatrice de l’événement avec Sofia Recham (Osez le féminisme).
C’est un sujet qui doit toucher le grand public et amorcer une réflexion.
La particularité alsacienne
Avant que la loi ne soit appliquée, plus de 40 élus régionaux et une vingtaine d’associations partageaient le projet de lutte contre la prostitution.
C’était débordant, il n’y a pas d’autres régions en France qui étaient aussi mobilisées.
Mais depuis l’adoption de la loi, qui épingle les clients des prostituées et promet une aide à la reconversion aux personnes victimes, c’est la déception du côté des associations : seulement 3 clients ont été arrêtés.
On est déçus de cette perte de vitesse. Nous qui sommes sur le terrain, on aimerait que ça avance plus vite.
Pourtant on compterait encore entre 300 et 400 prostituées, rien qu’à Strasbourg, de plus d’une vingtaine de nationalités.
La “loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées” prévoit une amende de 1500€ pour tout client arrêté.
On aimerait créer des générations de jeunes hommes pour lesquels il serait inacceptable et inconcevable de se croire autorisé à acheter le corps des femmes.


