Rigor Mortis : Ungerer et la mort

Il fait chaud, vous êtes à Strasbourg? Venez prendre le frais, littéralement et culturellement au sous-sol du musée Tomi Ungerer : ils ont la clim et une expo très particulière…

Rigor Mortis, c’est le nom de cette exposition qui a lieu au musée strasbourgeois jusqu’au 13 novembre 2016

L’Eros du Thanatos

Il paraît que déjà tout petit, Tomi Ungerer avait une fascination pour le macabre. En 1983, il publie Rigor Mortis : des dessins cyniques qui sont exposés en ce moment au musée. Il est inspiré de Hans Holbein le Jeune et de ses danses macabres (Les Simulachres et historiees faces de la mort), mais aussi de la guerre, de sa vision de la société, de Goya, Otto Dix ou même Disney. 

Il réinterprète un large éventail de motifs iconographiques issus de la tradition et les ancre dans la modernité

peut-on lire dans le journal de l’exposition.

Ce que Rigor Mortis nous propose de voir, de contempler, ce sont des illustrations à l’encre de Chine majoritairement. Epurés, bruts, ces dessins nous sont mis devant les yeux dans des cadres aux fonds rouges. Une mise en scène abrupte, pour un meilleur impact. Des tâches sanglantes dans un espace d’un blanc lumineux. 

Le curieux est embarqué dans plusieurs univers, évolue au sous-sol du musée Tomi Ungerer au fil de scènes de Portraits, Jeux, Vie Quotidienne, Guerre… Une petite fille qui nourrit un squelette, une danse avec un cadavre, un dîner avec la mort, un squelette armé d’un fusil, autant d’images marquantes et pleines de cynisme qui nous sont données à voir. Une vraie satire sociale version Ungerer.

L’écho proche

Mais l’exposition Rigor Mortis nous propose également un état des lieux de la création artistique locale sur le thème. Dans cette exposition, des artistes locaux ont été invités à donner leur version. On retrouve donc, au fil de la déambulation dans cet espace, une oeuvre commune de Pascal Poirot et Daniel Depoutot, des squelettes traités de façon très organique par Hervé Bonhert, ou encore un scène plus qu’érotique et macabre d’Antoine Bernhart

Et pour aller plus loin, sachez que l’exposition Rigor Mortis au musée Tomi Ungerer fait directement écho à celle au Palais Rohan : “Dernière danse. L’imaginaire macabre dans les arts graphiques”, où vous pourrez admirer les squelettes et autres danses sur le thème de grands maîtres comme Holbein, Dürer, ou Joseph Sattler.

“Dernière danse” propose de décliner les variantes iconographiques du genre des danses primitives jusqu’aux crises et conflits ayant ponctué le XXè siècle.

Bref, cet été, faites les curieux et allez au musée Tomi Ungerer : le voyage dans ces contrées satyriques vaut largement le détour.

 

Exposition Rigor Mortis, jusqu’au 13 novembre au Musée Tomi Ungerer, 2 avenue de la Marseillaise à Strasbourg. Tarif plein 6,50€

Exposition Dernière Danse, L’imaginaire Macabre dans les Arts Graphiques, jusqu’au 29 août, à la Galerie Heitz du Palais des Rohans, 2 place du Château à Strasbourg. Tarif plein 6,50€

Attention, certains sites d’artistes sont interdits aux moins de 18 ans.