
Mardi 6 décembre, c’est la Saint-Nicolas, vous vous êtes certainement empiffrés de petits bonhommes en brioche. Alors, on dit Männele ou Mannala ? Les deux mon capitaine.
Tchapp a appelé Bénédicte Keck, chargée de mission à l’OLCA, Office pour la Langue et la Culture d’Alsace. Voici les explications, pour briller en société.
Histoire
Non, on ne dit pas Mannala que dans le Haut-Rhin et Männele que dans le Bas-Rhin, c’est un poil plus complexe.
En fait, Männele, c’est très urbain. C’est utilisé depuis le Moyen-âge à Strasbourg et dans les villes du nord du Bas-Rhin, Saverne, Haguenau.
C’est un mélange d’alémanique et de francique, très présent dans le département et qui illustre en quelque sorte l’histoire des migrations dans la région.
Les airs linguistiques n’ont pas de frontières.
Dans les campagnes bas-rhinoises, c’est Mannele. Notez le A sans ¨. Et même parfois Mannala (avec deux n, comme Männele).
Dans le coin de Sélestat par exemple, on est dans le 67 et demi (rires). Là-bas, on peut dire les deux. Plus on descend dans le sud de la région, plus on trouve de A.
Pour les Haut-Rhinois, en général, c’est Mannala. Parce que dans l’histoire de ce département, les racines alémaniques étaient bien plus importantes que dans le Bas-Rhin, “à cause des vagues de populations, venant d’Allemagne. Il y a très peu de francique au contraire du nord du Bas-Rhin”.
Pour les petits gâteaux de Noël, c’est la même chose. Bredele à Strasbourg, Bredle dans les campagnes, Bradala dans le sud de l’Alsace.


