
Le saviez-vous ? La vénérable entreprise régionale Alsace Lait se développe au Canada. Avec des recettes bien de chez nous…
Non, Alsace Lait n’exporte pas son célèbre Bibeleskaes outre atlantique. Normes, douanes, l’expédition est trop complexe. Le laitier alsacien est le pro de “l’ultra frais”, des produits à dates de péremption courtes, l’avion serait donc obligatoire. Mais le coût est exorbitant et vous imaginez des palettes de fromage blanc bloquées à l’aéroport en cas de grève ?
Riviera
L’année dernière, Alsace Lait prospecte au Canada. Non, pas à la recherche d’une cabane, mais d’un partenaire pour attaquer un marché en plein devenir. Le reste, c’est Frédéric Madon, le directeur général d’Alsace Lait qui l’explique à Tchapp.
Le Canada ? C’est l’inverse de l’Europe pour le marché des produits laitiers. Ici, l’offre est saturée, très dense. Là-bas, ils consomment surtout du cheddar, du lait, des glaces. Les opportunités sont importantes et surtout, l’innovation produit est plus facile à proposer.
En 2015, Alsace Lait fait un deal avec une petite PME, “Chalifoux”, installée à Sorel-Tracy, au nord de Montréal. Le cousin canadien laitier est un spécialiste du fromage, le cheddar en particulier, l’équivalent de notre emmental en terme de notoriété.
L’Alsacien apporte du capital, des idées et des innovations au Canadien, qui utilise son usine et sa connaissance du marché pour le développement.
Et voilà “Riviera”, une marque commune spécialisée dans les fromages blancs, les yogourts, les crèmes, beurres et fromages fins. Lancement de la production en septembre dernier.
Nous sommes très forts dans les yaourts. Nous avons donc apporté notre expérience, nous avons innové avec des nouveaux produits pour ce marché au Canada. Les recettes sont très fortement inspirées de ce que nous faisons ici en Alsace, de nos propres process. Il y a même de l’innovation dans le packaging, puisque là-bas, les conditionnements sont généralement en plastique, de 500 grammes. “Riviera” apporte le pot en verre de 125g, comme chez nous.
Riviera propose par exemple un fromage frais, onctueux, bien plus crémeux que le yaourt à la grecque, très tendance sur place. En petit pot en verre donc, un truc dingue à priori au Canada… D’ailleurs, l’adresse web de Riviera, c’est rivierapetitpot.com.
USA
Bilan en juin 2016 ?
Les produits que nous commercialisons partout au Canada, dégagent un chiffre d’affaire de 10 millions de dollars canadiens (environ 7 millions d’euros ndlr). C’est très encourageant. À l’avenir, nous voudrions démarrer aux Etats-Unis.
Dans deux ans, ce sera 30 millions de chiffre d’affaire, si tout roule.
Alsace Lait et son partenaire Chalifoux ont décroché de nombreux prix dédiés à l’innovation, aussi bien pour les nouvelles recettes que le concept de la marque ou le packaging des produits. Les dernières récompenses sont tombées il y a quelques jours à peine.
La coopérative Alsace Lait réalise 130 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel.
Social Network
Très intéressant également, la manière de faire la promotion de ces nouveaux produits laitiers au Canada. Riviera, ou le yaourt 2.0…
Nous n’avions pas un gros budget com. Depuis un an, tout passe par les réseaux sociaux essentiellement. Nous nous sommes détournés des médias classiques au Canada. L’impact est extraordinaire, avec une notoriété très importante gagnée en quelques mois. Je remarque d’ailleurs qu’en France, les entreprises ont une utilisation trop “conservatrice”, trop “classique” des réseaux sociaux.
Un exemple ? Riviera propose 1001 astuces pour réutiliser les pots en verre, en bougeoir, en pot de fleurs, en marque-place (oui, place, pas page), en rangement, le tout sur Facebook.
Incredible : la maison propose d’acheter en ligne des couvercles de pots, de toutes les couleurs, histoire de coller à votre déco. Très user-friendly finalement ce yaourt alsaco-canadien.
Alsace Lait, le site là, la page Facebook ici. Riviera, découvrez la gamme de produits sur le site, ou la page Facebook.


