Les étudiants strasbourgeois en architecture, issus de trois filières différentes, investissent dimanche 13 mai le Square Louise-Weiss à Strasbourg, et y proposent des installations éphémères sollicitant les cinq sens. Cette année, le matériau utilisé est… le papier bulle.
Qui ne s’est jamais amusé, de longues heures durant, malgré l’interdiction parentale, à faire éclater les petites bulles d’air contenues dans le film plastique censé protéger les objets fragiles ?
Une trentaine d’étudiants en architecture de Strasbourg fait revivre ces vieux souvenirs d’enfance lors de la Fabricasens : pendant toute une journée, dimanche 13 mai, ils installeront, au coeur du square Louise-Weiss, les projets sur lesquels ils travaillent aujourd’hui vendredi, et demain samedi 12 mai.
Transats, chapiteau, oeuvre artistique, animaux de bulles… Ils sont totalement libres de créer ce qu’ils souhaitent. Issus de l’ENSAS (Ecole nationale supérieure d’architecture de Strasbourg), de l’INSA (Institut national des sciences appliquées) ou de la HEAR (Haute Ecole des Arts du Rhin), ces étudiants se sont regroupés par trois ou quatre, pour assembler, découper, coller, métamorphoser, d’immenses pièces de papier bulle.
Mathilde, étudiante en Master 2 à l’ENSAS et membre de l’équipe organisatrice de la Fabricasens, explique que l’idée originelle de l’évènement était de tisser des liens entre écoles :
Les étudiants à l’INSA, à l’ENSAS et à la HEAR ont des connaissances et des compétences à la fois très proches et très éloignées. Nous trouvions dommage de rester chacun dans notre coin et de ne pas profiter des connaissances et des savoir-faire des uns et des autres ! Ce workshop permet de tous nous rencontrer, et d’intégrer aussi le public dans ce que nous produisons.
Car la Fabricasens, c’est aussi une histoire d’espace public : en 2017, les étudiants avaient investi la place d’Austerlitz, en travaillant sur le matériau des vêtements.
Certains étudiants avaient tissé un tapis de vêtements, et les enfants qui étaient venus nous voir sur la place avaient passé l’après-midi à jouer sur ce tapis un peu particulier. Là encore, nos installations sont susceptibles d’attirer les enfants, surtout qu’il s’agit de papier bulle !
Du papier bulle récupéré dans des magasins
Pour les étudiants impliqués dans le projet, il s’agit aussi d’investir un matériau inédit, qu’ils ont peu l’habitude d’utiliser dans le cadre de leurs études. Chaque année, l’équipe organisatrice de la Fabricasens, qui se renouvelle régulièrement, décide du matériau à partir duquel ils souhaitent travailler. Les années précédents, ils ont ainsi utilisé le bambou, les bouteilles plastiques, le papier…
Cette année, leur choix s’est porté sur le papier bulle, qu’ils se sont procuré auprès de grands magasins qui ne s’en servaient plus. Après l’exposition dimanche, ce papier bulle sera recyclé, comme il le serait s’il n’était pas utilisé par les étudiants :
Le but, c’est de sortir le matériau de son cycle de vie habituel, pour lui donner un autre usage, et permettre au public également de se l’approprier. Nous ne faisons que le prélever, avant de le réinsérer dans son cycle de recyclage normal.
Une vie éphémère, comme l'est la Fabricasens : les oeuvres produites par les étudiants seront visibles dimanche 13 mai, mais pas au-delà. Alors pour aller éclater du papier bulle comme jadis, c’est l'occasion ou jamais...


