
Imaginé en 2013 par le créateur-chocolatier un brin barré Jacques Bockel, le Nut’Alsace vient d’être primé dans la catégorie innovation par l’Aria. Une pâte à tartiner qui dépote!
En arrivant dans la zone industrielle de Saverne, Lucas, le cadreur de Tchapp me dit cash:
De toutes façons, j’ai toujours été déçu par les autres pâtes à tartiner que le Nutella.
Une heure et quart de tournage plus tard, c’est à la petite cuillère que le gaillard attaque la pâte à tartiner made in Alsace, le sourire aux lèvres, les joues roses de plaisir…
Trouver comment contrer l’huile de palme
Le Nut’Alsace? C’est une pâte à tartiner innovante composée de 45% de noisettes du Piémont, sans huile de palme, sans cochonneries ajoutées. Six mois auront été nécessaires pour élaborer la recette parfaite.
Le problème c’est que la noisette est super volatile. L’huile de palme est tellement lourde qu’elle emprisonne la noisette. Du coup, il a fallu trouver comment emprisonner cette coquine qui voulait se faire la malle!
Jacques Bockel et Pascal, “le papy du Nut’Alsace”, ont trouvé la solution: ajouter 1% d’huile de tournesol pour le liant, un soupçon d’huile de colza et 0,1% de lécithine de tournesol. Ajoutez à cela de la poudre de choco, du lait en poudre à 0%, et hop!
Mais le reste de la recette est hyper précieuse et secrète!
Après le kama-sutra...
Pascal s’amuse. Le bonhomme ultra jovial sort à lui tout seul quelque 1500 pots de Nut’Alsace chaque jour. Aidé d’une machine high tech, faut pas déconner!
Mais pendant six mois, il remplissait ses pots à l’entonnoir.
Jacques Bockel a depuis investi dans une machine capable de torréfier, mélanger, envoyer la bonne dose de pâte à tartiner et de refermer les bocaux. L’an dernier, ils ont sorti 30 tonnes de pâte à tartiner. Et devrait doubler les scores en 2016!
Je ne m’y attendais pas, mais c’est la deuxième success story de notre maison, 20 ans après le kama-sutra.
Sa gamme “kama-sutra” dans les années 2000 avait affolé les sphères médiatiques jusqu’à Paris. Le petit chocolatier dans son bureau miteux au-dessus de sa première boutique à Saverne a depuis fait du chemin.
Self-Made-Man
Aujourd’hui, Jacques Bockel gère une cinquantaine de personnes, neuf boutiques dans le Grand Est et participe à 40 salons en France.
Je ne suis pas un businessman! Je ne reste pas enfermé dans mon labo, je parcours les routes.
Parfois décrié par la profession, Jacques s’en amuse.
C’est vrai que je n’ai pas de diplôme… Ah si, j’ai quand même un CAP de conducteur-routier!
Il s’amuse de lui-même mais garde néanmoins les pieds sur terre. Lui son credo, c’est la création — il a déposé plus de 15 marques.
J’ai une approche du chocolat très ludique, très créative. Et puis on va au combat !
Six recettes
Bockel pense aussi aux diabétiques en développant une gamme gourmande qui leur soit adaptée. Il propose également des fontaines de Nut’Alsace à remplir dans nos propres bocaux, c’est plus écolo. Et puis il pense “formation” en ouvrant son atelier aux grands et aux petits chocolatiers en herbe.
Aujourd’hui, le Nut’Alsace, c’est cinq recettes et une sixième aux épices de Noël à découvrir dans les prochains jours.
On l’écoute nous en parler dans notre player en découvrant le process de fabrication. Côté prix, c’est certes bien plus cher que la pâte à tartiner super star. Mais nos enfants, et la planète, le valent bien, non?


