Libre à en mourir, les trentenaires face à la fin de vie

Libre à en mourir” est un documentaire sur la fin de vie, réalisé par la société strasbourgeoise 2 Caps production. L’objectif est posé sur deux trentenaires, lourdement handicapés, qui font le choix du suicide assisté.

Il aura fallu plus de deux ans à Thibaut Graillot et Françoise Schöller pour boucler ce projet.

Libre à en mourir” raconte l’histoire de Marieke Vervoort, une Belge, et de Florian Bailleul, un Français, originaire de Rouen. 

De l’humain, des émotions, des questions

À peine la trentaine, Marieke et Florian font pourtant le choix de mourir, pour mettre fin à des souffrances terribles, causées par de longues maladies incurables.

Marieke Vervoort par exemple, est une grande championne paralympique en Belgique. Notre Béatrice Hess en quelque sorte...

En 2012, aux Jeux Olympiques de Londres, elle remporte la médaille d’or au 100 m fauteuil.

Atteinte d’une maladie dégénérative, elle renonce à sa carrière aux olympiades de Rio en 2016, et annonce sa volonté de recourir à l’euthanasie assistée.

Paris Match a consacré un article à cette athlète, véritable icône dans son pays. 

Florian Bailleul est lui très différent, un monsieur tout le monde, très malade depuis sa naissance.

Son mal est incurable. Il va mettre fin à ses jours en Suisse, un suicide assisté, sous l’oeil de Thibaut Graillot, le réalisateur.

Nous avions une sorte de contrat moral. Florian voulait filmer ses derniers instants, pour porter un message. Nous en avons beaucoup parlé avant, il ne voulait pas que sa mort soit vaine.

Être malade, condamné, et vouloir/pouvoir mourir dans la dignité, le thème est central dans notre société. Et le film le montre, tous les âges sont concernés.

En France, on discute depuis des années, mais il n’y a pas de dispositifs comme en Belgique, ou en Suisse, ou le suicide assisté, avec des médecins, est autorisé mais extrêmement réglementé. Nous avons souhaité informer le public, en présentant les choix de personnes concernées. Sans jamais défendre un point de vue ! Mon rôle était d’observer, et rien d’autre.

Un travail froid et détaché ? Pas certain… Thibaut Graillot confesse qu’il était compliqué, émotionnellement, de filmer les derniers paroles de Florian.

Le film possède des moments extrêmement forts. En suivant Marieke et Florian, on est un peu en eux.

Projet personnel

Thibaut a eu l’idée de ce documentaire de 52 minutes lors d’un autre tournage sur la fin de vie, en Suisse. Pour débattre, tout simplement, poser la question de l’euthanasie sans tomber dans la facilité des idées préconçues.

Le projet a été entièrement autofinancé, il n’a bénéficié d’aucune aide financière. 

Personne n’a souhaité nous suivre, ni producteurs, ni organismes publics, ni institutions locales. C’est incroyable quand même, alors que c’est un sujet majeur de société.

Equipe réduite, motivation au taquet, budget très serré, c’est un doc maison, tourné comme l’explique le réalisateur, “avec la bite et le couteau”.

Témoigne en vidéo dans notre player. 

Projection

Libre à en mourir” sera diffusé jeudi 15 mars au cinéma L’Odyssée à Strasbourg, avec l’équipe de 2 Caps production qui participera à un débat à la fin de la projection. 

L’eurodéputé Edouard Martin est annoncé, avant-première à partir de 18h30.

Tous les détails sur cet événement Facebook et les prochaines diffusions ici.