Quentin Blumenroeder, le facteur d'orgue de Versailles

Quentin Blumenroeder est facteur d’orgue. Son entreprise à Haguenau vient de livrer un orgue positif à la prestigieuse Chapelle Royale du château de Versailles. 

C’est en fait le deuxième orgue positif fabriqué à Haguenau, livré à Versailles.

La pièce est tout simplement le plus grand orgue positif de France à l’heure actuelle. 

La petite fabrique bas-rhinoise a passé 3000 heures à monter et accorder 400 tubes. Photos dans notre slider.

Un orgue positif ?

L’orgue positif est un orgue qui se pose au sol, tout simplement. Il sert à accompagner un grand orgue

explique Quentin Blumenroeder, que nous avons rencontré à l’église Saints-Pierre-et-Paul de Rosheim.

Il y est en ce moment, pour accorder un orgue Silbermann datant de 1734.

Vidéo dans notre player.

Accorder un orgue est un travail de précision. Il faut une oreille et des gestes mesurés pour ajuster la longueur des tubes en plomb (ou en étain ou en cuivre selon les modèles).

Je fais un véritable travail d’archéologue. Sur ces pièces du 18ème, il n’y a pas de plans. Mon job est de respecter au mieux ce bout de patrimoine culturel. 

Ringard l’orgue ? Réservé aux églises ? Non, la preuve avec la Chapelle Royale qui organise une série de spectacles/concerts avec ses orgues.

Un peu partout en France, lors d’événements, les orgues font revivre une certaine forme de musique classique. Mais…

Si l’engouement revient petit à petit, le métier est en crise. Il manque de la main d’oeuvre…

Quentin Blumenroeder explique que les artisans cherchent mais ne trouvent pas d’oreilles qualifiées pour abattre le boulot très important de restauration. 

Rien qu’en Alsace, Allemagne, Suisse, la famille Silbermann au 18ème siècle a fabriqué 96 orgues mondialement réputés. 

La formation spécialisée, et unique en France, du CFA d’Eschau (Centre National de Formation à la Facture d’Orgues) ne voit arriver que trois ou quatre candidats par an. 

Contre une vingtaine il y a 30 ans...