Eco2Wacken : un chauffage d'avenir à Strasbourg

Le réseau de chaleur Eco2Wacken a été inauguré ce lundi à Strasbourg. Le début d’une nouvelle ère…

Plus durable.

Biomasse, quesako?

Voilà le mot magique. La biomasse est une énergie renouvelable, un combustible à base de matières organiques végétales (plaquette forestière par exemple) au fort pouvoir calorifique. L’utilisation de biomasse est clairement une piste d’avenir pour apporter de l’énergie “propre” aux villes. C’est, avec le solaire, l’éolien ou l’hydraulique, l’une des principales sources d’énergies renouvelables dans le monde.

Eco2Wacken est un projet porté par Réseau Chaleur Urbaine d’Alsace (51% Réseau GDS, 49% EBM Thermique), imaginé dès 2012. Ce réseau de chaleur urbain de 6,5 km serpente le Wacken. Il alimente en chaleur, par exemple, le PMC, une piscine, le lycée Kléber, le Rhénus, des sièges d’entreprises. Et demain le quartier d’affaires. Deux chaufferies fournissent le réseau en eau chaude (90°C), dont une (rue Fritz-Kieffer) utilise des chaudières biomasse. Voir la carte du réseau dans notre slider.

7000 tonnes de CO2 évitées

Grâce à ce réseau Eco2Wacken, les chaudières traditionnelles à combustibles fossiles des gros clients ont été arrêtées (une quinzaine). Les experts ont calculé que dans ce quartier, grâce à la biomasse, 7000 tonnes de rejets de CO2 sont évitées chaque année.

C’est toujours ça de gagné à l’heure où de plus en plus de voix s’élèvent en ville pour alerter sur les dangers de la pollution atmosphérique.

87% d’énergies renouvelables

12 millions d’euros d’investissements, plus de 4 millions de subventions de l’Ademe, 5,2 MW de puissance des chaudières biomasse. Un ballon d’eau chaude d’une capacité de 95 000 litres (fabriqué en Alsace) a été installé. La chaleur produite par cette unité provient à 87% d’énergies renouvelables. Les rejets de poussières seraient de 5 fois inférieurs aux normes en vigueur.

Bref, d’après l’Ademe, cette chaufferie biomasse strasbourgeoise serait techniquement “très novatrice et efficace”. 

Un investissement pour demain

Ok, c’est une chaufferie, pour faire de l’eau chaude. Super. C’est vrai qu’en vidéo dans notre slider, vous n’allez voir finalement que quelques éléments d’une grosse machine qui chauffe de la flotte avec du bois ou du maïs (et du gaz en cas de très grand froid). Mais c’est bien plus ambitieux que ça.

Strasbourg et l’Eurometropole veulent s’engager dans la transition énergétique, développer l’usage des énergies renouvelables (bientôt, peut-être, la géothermie avec le projet Fonroche près de Reichstett). Objectif : limiter les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, coller aux exigences de la COP21 et de l’accord de Paris. Robert Herrmann, le président de l’Eurometropole, a justifié ce matin l’investissement dans la biomasse.

C’est vrai que se lancer dans une centrale biomasse en ce moment, avec un baril de pétrole à un peu plus de 50 dollars (52,41$ ndlr), n’est pas le meilleur moment. Oui, le prix du pétrole, et donc du gaz, est bas. Cela n’aide pas à convaincre. Mais nous faisons cela en toute connaissance de cause. Le baril va augmenter (peut-être plus de 120$ selon les spécialistes ndlr), nous préparons l’avenir.

Pas le yoyo de l’or noir

Comprendre : il faut sécuriser l’approvisionnement, trouver des économies, défendre l’écologie, promouvoir le développement local. L’énergie de demain à Strasbourg se trouve aussi dans les forêts de la région ou chez les agriculteurs locaux. À des prix qui ne feront pas le yoyo comme l’or noir en bourse. 

La facture justement. Les promoteurs d’Eco2Wacken promettent des coûts maitrisés dans la durée et même des baisses de charges sur le chauffage, grâce notamment à une TVA à 5,5% pour les énergies renouvelables. 

La biomasse, c’est donc l’avenir. La preuve le mois prochain : une nouvelle centrale biomasse sera lancée dans le quartier de l’Esplanade (par le groupe ÉS). 

Le 3 novembre, vous pourrez visiter la centrale biomasse de RéseauCUA / Eco2Wacken à l’occasion de portes ouvertes. Réseau GDS est partenaire de Tchapp.