À Strasbourg, le Secours Populaire et d’autres associations distribuent tout l’été des paniers repas aux plus démunis.

Des familles entières se sont déplacées ce jeudi midi à La Fabrique du Théâtre, rue du Hohwald, pour récupérer des paniers repas.

À consommer sur place, sous les tentes installées pour l’occasion, ou à emporter.

20 bénévoles du Secours Populaire du Bas-Rhin participaient à l’opération. Ainsi que des membres d’Abribus, de La Cloche, d’autres structures locales engagées contre l’exclusion.

Hier, nous avons distribué 222 paniers. Depuis le 13 juillet et le lancement de l’opération, on parle de 980 paniers ! Et encore, nous ne distribuons que du mercredi au dimanche

explique Camille Vega, le secrétaire général du Secours Populaire du Bas-Rhin.

Cette distribution estivale est organisée jusqu’au 21 août, de 12h à 14h, du mercredi au dimanche, 10 rue du Hohwald.

Du 1er au 26 août, elle se déroulera 19 quai des Bateliers, du lundi au vendredi, de 17h à 18h30.

Free food…

Des tracts sont distribués, en français, anglais, allemand, pour bien faire comprendre la démarche.

Il n’y a pas de conditions. Nous visons toutes les personnes qui sont en difficulté. Bien sûr, tu as des sans abris, des réfugiés aussi, des personnes qui vivent simplement sous le seuil de pauvreté, des personnes âgées. La précarité, c’est toute l’année. Sauf qu’en été on y pense moins, alors que c’est pire qu’en hiver…

Pire qu’en hiver ? Camille Vega est affirmatif.

En cause, les structures qui manquent de bénévoles, en raison des vacances. Et des dispositifs spécifiques qui ne sont montés que durant l’hiver, avec mécaniquement, davantage de moyens. 

Mais durant les beaux jours, la pauvreté ne disparait pas.

On a eu un travail dingue avec la canicule. Imagine, dans la rue, sur le bitume, ou sous les tentes. 40° c’est intenable, il faut absolument s’hydrater. 

Durant la canicule, des associations ont sensibilisé le grand public.

Il y a plus de problèmes de santé chez les sans abris en été qu’en hiver, plus de décès, en raison de la déshydratation.

Des gosses, beaucoup de gosses...

La file d’attente est longue pour accéder à la distribution.

Salade de riz, fruits, pain, un laitage, de l’eau, chacun récupère à peu près la même chose.

Ce qui frappe, ce sont les enfants. Il y en a beaucoup. Les petits ou adolescents accompagnent les mères, la grand mère, le grand frère, la grande soeur. 

Du coup, eux ont droit à des bonbons, en plus.

C’est révoltant de voir ça ! Oui, tu as beaucoup d’enfants, et de plus en plus. Du coup nous adaptons les produits. Tu as effectivement des bonbons et des laitages sucrés par exemple, une manière de proposer aux enfants un peu de douceur.

Le secrétaire général du Secours Populaire se crispe quand on évoque la question : pourquoi ?

Demande à la préfecture ! Il y a 5 ou 6 ans, tu n’avais pas de gosses dans les rues de Strasbourg. Aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux. Les familles ne trouvent pas de solutions pour se loger. La préfecture a décidé en 2022 de supprimer 1000 places en hébergement à Strasbourg. 1000 ! 400 ont déjà sauté depuis le début de l’année. Il va y avoir encore 600 suppressions les prochains mois. Ensuite, tu vois l’émergence de squats, de campements, et ils arrivent ici…

Ces dernières semaines, un campement de réfugiés place de l’Étoile avait défrayé la chronique (relire l’article de Tchapp, ). 

Dans le slider de Tchapp, des photos de cette distribution.

Il est délicat de capturer les moments, tellement le besoin de discretion est important. Mais certains bénéficiaires se prêtent au jeu du portrait. 

La Cloche 

Sous une tente, l‘association La Cloche ne distribue pas de repas, mais un tract avec des adresses. 

Il s’agit des lieux où se laver, se doucher, dans des accueils de jour. Une sorte de petit guide du “comment répondre à l’urgence sociale”. 

En parallèle, la structure évoque les services gratuits qu’elle propose, avec l’aide d’habitants ou de commerçants strasbourgeois. 

Il est ainsi possible de trouver du wifi, d’emprunter des outils, d’avoir un endroit au calme pour allaiter, d’accéder à une trousse de secours, de boire de l’eau, même d’obtenir du pain.

Les adresses des personnes qui proposent cette aide à Strasbourg sont indiquées sur une carte.

Vous serez toujours bien reçu !

indique le prospectus...

Soutenez le Secours Populaire du Bas-Rhin.

Découvrez La Cloche.

Photos @Tchapp

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

Vous avez déjà donné votre avis.

J'aime 2
Indifférent 0
J'aime pas 0