L'Alsace vient de vivre son été le plus chaud depuis le début des mesures.

Trois mois, quatre vagues de chaleur et une poignée de records qui ne tiendront peut-être pas longtemps…

L’été 2026, juin-juillet-août, restera comme un tournant pour la région.

Les données de Météo-France dessinent le portrait d'une saison hors norme.

Aux oubliettes les étés caniculaires de 2003 ou de 2023. 2026 est pire... 

Le thermomètre s’est emballé

Sur les trois mois, la température moyenne relevée en Alsace atteint 22,4 °C, soit 3,4 °C de plus que la normale de saison.

À l'échelle nationale, l'écart est du même ordre : Météo-France parle d'une anomalie moyenne comprise entre 3 et 4 °C selon les régions, avec des maximales dépassant de plus de 5 °C les normales sur la quasi-totalité du territoire.

Résultat : la France enregistre son été le plus chaud depuis le début des mesures en 1900, avec une moyenne jour-nuit de 24,1 °C contre 23,1 °C en 2003, l'ancien record.

Un 27 juin qui entre dans les annales

Le 27 juin 2026, l'Alsace enregistre une moyenne régionale de 39,1 °C, avec des pointes à 41 °C à Colmar et 40,4 °C à Strasbourg-Entzheim, deux records absolus pour ces stations.

Cette vague de chaleur de juin a dépassé celle de 2003 en intensité, en durée et en sévérité. Au point que 2023, jusqu'ici considérée comme la référence régionale en matière de canicule, cède sa place à 2026 sur pratiquement tous les indicateurs.

Sur les 92 jours de l'été, 48 se sont déroulés sous vague de chaleur en Alsace, répartie en quatre épisodes distincts, contre trois au niveau national. La région a aussi compté 15 journées à 35 °C ou plus.

Côté ciel, la pluie s'est faite rare : seulement 120 mm sont tombés en 27 jours de pluie sur l'ensemble de la saison, loin des cumuls habituels d'un été alsacien.

Rebelote en septembre

Le répit espéré à la rentrée n'a pas vraiment eu lieu.

Le 4 septembre, Strasbourg battait déjà son record de chaleur pour un mois de rentrée avec 33,8 °C, effaçant une marque vieille de 1947.

Quatre jours plus tard, nouveau coup de chaud : 35,1 °C à Strasbourg-Entzheim, 34,6 °C à Bâle-Mulhouse et 34,3 °C à Colmar-Meyenheim, un niveau jamais atteint en un siècle de relevés.

C'est la première fois que la barre des 35 °C est franchie à Strasbourg en septembre.

Et l’on reparle du réchauffement climatique…

Ce qui s'est joué en Alsace cet été n'est pas un accident isolé, c’est une tendance mondiale.

Août 2026 est déjà classé mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète, à égalité avec juillet 2023, avec une température moyenne de l'air de 16,96 °C, soit 1,65 °C au-dessus des niveaux préindustriels de 1850-1900.

L'été 2026 est lui aussi le plus chaud jamais mesuré en Europe occidentale, devançant le précédent record de 2003.

2024 reste, pour l'instant, l'année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde (+1,55 °C par rapport à l'ère préindustrielle), mais l'Organisation météorologique mondiale estime à 86 % la probabilité qu'un nouveau record annuel tombe d'ici 2030.

La cause identifiée par les scientifiques reste la même partout : l'accumulation de gaz à effet de serre liée à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, qui réchauffe durablement l'atmosphère. 

Pour l’ONU, c’est évident : 2026 marque le début d’une ère où le monde entre dans plusieurs années de chaleur record.

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