Ce sera encore la crise du logement ce soir à la Meinau qui accueille Dunkerque à guichets fermés pour fêter la montée en L2. 26 000 spectateurs dans les tribunes pour le dernier match en National. Mais au fait, cette montée chez les pros ça va changer quoi ?
Tout ! Ça va tout changer : entraîneur, budget, stade, affluence et recrutement. Tchapp vous fait le listing point par point. Et ajoute même une petite rubrique voyages...
L'entraîneur
Jacky Duguépéroux a fait le job. Il en a profité aussi pour enrichir l'armoire aux trophées : un titre de champion de France en 1979 en tant que joueur et comme entraîneur deux Coupes de la Ligue. Mais aussi ce titre de National, équivalent de la L3, cependant occulté par cette montée orgasmique. Son contrat n'a pas été renouvelé par Marc Keller. Mais à 68 ans, « Dugué » se serait bien vu rempiler. C'est Thierry Laurey (Gazélec Ajaccio) qui prendra place sur le banc la saison prochaine.
Le budget
Il sera porté à 12 M€, soit le double de cette saison en National. Cette saison en Ligue 2, seuls 7 clubs ont fait mieux. Sur le plan financier, Strasbourg sera bien loti. S'ajoutent les droits TV estimés à 4 M€. A contrario, la masse salariale va augmenter en L2. Qui dit retour au statut pro dit aussi au revoir aux contrats fédéraux d'un à cinq ans, dont la rémunération non plafonnée est variable (en général de 500 à 5. 000 euros mensuels), ce qui n'exclut pas les primes de matches, ni les avantages en nature (logement, voiture de fonction).
Le stade
La Ligue de football professionnel (LFP) impose un cahier des charges. S'il n'est pas respecté, c'est près d'1 M€ de droits télé qui vous passent sous le nez. A la Meinau cet été, il va y avoir du boulot à tous les étages : éclairage, sono, vidéo-surveillance, vestiaires, salle de presse, zone mixte, « pistolets » pour scanner les billets d'entrée etc. Soit un lifting de 2 à 3 M€. La Ville devrait prendre en charge la moitié de la somme.
L'affluence
« Vous n'êtes pas onze, mais des milliers ». Le slogan des supporters du Racing est presque devenu une marque. Et la saison prochaine à la Meinau, il y aura une grande tribune populaire puisque le ¼ de virage de 1.007 places sera jumelé avec le haut de la tribune Ouest pour un total de 3.000 supporters. Chic, on va en prendre pleins les yeux et les oreilles. Les UB (Ultra Boys) 90 ont déjà lancé les invitations. Même s'il faut prévoir une (petite) hausse des abonnements. Cette saison la « Ouest » affichait 179€/an en plein tarif. Si les résultats suivent et si le spectacle est au rendez-vous, le Racing peut raisonnablement miser sur une moyenne de 15 à 18.000 spectateurs.
Le recrutement
6 ou 7 nouveaux joueurs devraient renforcer l'effectif. Avec 22 « clean sheets », soit plus d'un match sur deux sans encaisser de but, un record en National, la défense ne constitue pas le chantier n°1. A l'inverse, l'attaque du Racing avant la venue de Dunkerque ne pointe qu'en.. 14e position. Et puis, il faudrait aussi un vraie patron en milieu de terrain. Le nouvel entraîneur Thierry Laurey débauchera peut-être l'un ou l'autre ancien du Gazelec. Et Loïc Désiré (ex-Vannes), le nouveau patron de la cellule de recrutement, devrait faire jouer son réseau. Peu de gens s'en souviennent, mais il a été l'oeil de l'Ajax d'Amsterdam en France.
Les voyages
Le National avait au moins un mérite : celui de nous réconcilier avec la géographie. On a ainsi appris que les Herbiers se trouvaient en Vendée tout comme Luçon, que Chambly dans l'Oise n'avait rien à voir avec le Chablis et qu'Avranches faisait partie de la communauté de commune avec le Mont St-Michel. Ouf, la saison prochaine le Racing retourne en terrain connu. Chez des tauliers de Ligue 2, tous anciens pensionnaires de l'élite : Auxerre, Ajaccio, Brest, Laval, Le Havre, Lens, Nîmes, Sochaux, Valenciennes ou Tours.


