Et ils sont où ? Et ils sont où ? Ce n'est pas la bousculade chez les supporters de Galatasaray. On vous dit pourquoi.

Vendredi soir, la SIG est sûre de l'emporter. Peut-être pas sur le parquet, mais en tribune. Plus de 6.000 cordes vocales contre quelques dizaines de voix. L'Euroleague n'a lâché que 100 places pour les fans du Gala. Certains n'ont même pas essayé, d'autres n'ont pas insisté. 

La SIG, c'est comme les Enfoirés

Les plus chanceux et les plus futés, comme Murat, jeune supporter de 23 ans, seront au Rhénus Sport vendredi.  

A 7h du matin, je me suis connecté pour la vente en ligne de billets. Je ne pensais pas y arriver, mais j'ai pu récupérer 2 places. Pour mon petit frère, je suis un héros. C'était pareil pour le concert des Enfoirés. Avec de la technique et un peu de bol...

Ça rend vénère le Fener...

Mais l'autre raison de ce manque d'effervescence est ailleurs. La plupart sont fans du Fenerbahçe, le grand club rival d'Istanbul. Et quand on aime le Fener, Galatasaray ça les rend vénère.

Okan prend le maillot rouge

C'est tout juste si Okan, serveur au restaurant La Corne d'Or à Strasbourg, ne va pas enfiler un maillot « Allez la SIG ».

Je ne pourrai pas assister au match, car je travaille. Mais vendredi soir, je serai à fond derrière Strasbourg. Mon équipe, c'est Fenerbahçe et chez nous on n'aime pas Galatasaray. C'est comme ça depuis plus d'un siècle. Par pitié, la SIG, battez-les !

Bobo contre prolo

Au restaurant de la rue de l'Ail, Okan fait moins le malin, sinon l'affaire pourrait tourner au vinaigre.

C'est du 50-50 entre les supporters de Galatasaray et de Fenerbahçe parmi la clientèle.

Les deux clubs d'Istanbul sont séparés par le Bosphore. Mais pas que. La brouille est ancestrale, sociologique même. Le Gala est plutôt bourgeois, le Fener plus populaire.

Le foot l'emporte

Populaire comme le foot, sport n°1 en Turquie. La voilà la vraie différence. Un Racing-Galatasaray et tu pouvais construire un deuxième stade à côté de la Meinau.

Le basket, c'est bien. D'origine turque mais née à Strasbourg, je suis pour les deux équipes... Mais ici, c'est le foot qui l'emporte. A part les supporters du Besiktas qui ne comprennent rien à la vie, c'est Fenerbahçe ou Galatasaray. Anelka, De Souza ou Rüstü, c'est quand même l'histoire du Fener, explique Seyma avant de prendre son service au restaurant Akabé de Strasbourg.

Change de femme, pas de club

« Tu peux changer de femme, de politique, de religion. Mais tu ne peux pas changer de club préféré », disait Eric Cantona dans Looking for Istanbul. Allô chérie, j'ai juste un truc à te dire: "Go la SIG go !".