Premier bilan après 3 mois de fonctionnement de la salle de consommation à moindre de risque installée près de l’hôpital civil.
La salle de shoot, ou plutôt, de “consommation à moindre risque”, a ouvert ses portes le 7 novembre 2016 à Strasbourg, quelques jours à peine après celle de Paris.
Strasbourg est la deuxième ville de France à proposer ce dispositif d’expérimentation. Pour le moment, il n’y en a pas ailleurs.
Ce jeudi matin, Parisiens et Strasbourgeois ont échangé leurs vues sur la question, comparant les expériences.
Argos
C’est le nom de la salle strasbourgeoise. Elle est gérée par l’association Ithaque, qui aide depuis de longues années les personnes dépendantes aux drogues.
Le lieu fait chaque jour entre 20 et 25 passages (une personne peut venir plusieurs fois). Il est dimensionné pour 80 à 100 passages par jour environ.
Il va y avoir une montée en charge progressive. Il faut gagner la confiance des personnes qui ne veulent pas forcément être identifiées comme usagers des drogues,
explique Danièle Bader, la directrice de l’association.
En décembre, il y a eu le marché de Noël hyper-sécurisé de la ville, ce qui a freiné pas mal d’usagers. Dans les prochaines semaines, Argos devrait accueillir plus de monde.
À Paris, ils sont déjà à 175 passages /jour, avec des pointes à plus de 220. Mais la taille n’est pas la même, évidemment.
Autre différence, les drogues.
À Strasbourg, nous tombons très souvent sur des consommateurs de cocaïne. À Paris, ce sont les opiacés principalement.
35% des utilisateurs d’Argos, sont des utilisatrices. Moyenne d’âge des personnes aidées : entre 30 et 45 ans.
Soins
Tchapp avait déjà expliqué ici le principe de fonctionnement de cette salle de consommation à moindre risque.
Les usagers sont aidés par du personnel médical qui propose un parcours de soins pour sortir de la dope.
Après trois mois, il faut souligner le climat apaisé à Strasbourg, sur le plan politique et chez les habitants, les riverains. Il n’y a jamais eu de grosse opposition à ce sujet.
Alexandre Feltz, médecin, adjoint au maire de Strasbourg, porte ce projet avec Ithaque depuis des années.
Nous voulions sortir des parcs les gens qui se droguent et proposer une solution d’aide. C’est une expérimentation, nous étudions tous les aspects pour aboutir.
Les personnes qui poussent la grille d’Argos sont en très grande précarité. Souvent, elles ne possèdent pas de logement, ne se soignent pas. Les contaminations aux hépatites sont fréquentes.


