Depuis quelques jours, des élus locaux se chamaillent à propos de l’ADIRA. Et ça balance pas mal sur le web.
Premier acte, la question
Article 2 de la loi NOTRe, “est responsable de la définition des orientations en matière de développement économique”. C’est expliqué ici. La région, c’est désormais le Grand Est (Alsace, Champagne Ardenne, Lorraine).
L’Adira, Agence de Développement de l’Alsace, est une sorte de super agence économique qui doit permettre, par exemple, l’implantation d’entreprises dans le coin. Par exemple, l’Adira bosse pour faire venir Tesla en Alsace.
Le coin, c’est le Bas-Rhin ET le Haut-Rhin, les deux départements financent (entre autres) la structure.
C’est qui le chef de l’Adira ? Frédéric Bierry, également président du Conseil Départemental du Bas-Rhin. Voir l’organigramme, là.
L’Adira est un joujou convoité, puissant… Le carnet d’adresse est énorme, les expertises économiques sont écoutées avec attention. Il s’agit pour eux de sauver ou de créer des emplois, le Graal de tout élu local.
Question, posée par des élus de la nouvelle région, mais également des responsables d’agglomérations (Strasbourg) : quel avenir pour l’Adira ? Sous-entendu : c’est à nous de faire...
Depuis des semaines, cette guéguerre anime les soirées des acteurs économiques de la région.
Acte 2, la réponse
Hier lundi, Frédéric Bierry (le président de l’Adira), sort un communiqué. Entre les lignes, on devine le coup de colère de l’élu. Extrait :
Certains préfèrent la querelle à l’alliance des compétences. Aucun acteur public, étatique ou local, ne peut prétendre honnêtement être en capacité de régler seul le problème du chômage, de la croissance et de la précarité. Un outil Alsacien est indispensable pour être sûr que les moyens et compétences de l’ADIRA soient conservés à 100% pour les Alsaciens.
Selon lui, cette “convoitise” et les questions posées sur le travail de l’agence (donc des deux départements), est “le dernier combat de ceux qui veulent totalement faire disparaître l’Alsace”.
Acte 3, le droit de réponse
Ce mardi, nouveau communiqué, mais signé par la région Grand Est, l’Eurométropole, Colmar, Mulhouse…
Soupçonner les présidents des trois agglomérations de Colmar, Gilbert Meyer, de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, et de Strasbourg, Robert Herrmann, ainsi que Philippe Richert de vouloir affaiblir l’Alsace, relève au mieux d’une méconnaissance des ambitions qui les animent pour leur territoire, au pire d’un procès d’intention détestable.
La suite est une mise en garde :
En refusant d’ouvrir sérieusement le dialogue sur l’avenir de l’agence économique des deux départements, alors même que ceux-ci n’auront plus la possibilité de soutenir financièrement cette agence, c’est le fonctionnement de cette structure et ses personnels que l’on insécurise. Et ce, dès janvier prochain.
Et de conclure :
Mettre en avant une atteinte à l’identité alsacienne pour conserver un poste de président est inacceptable.
11 élus locaux, de droite et de gauche, ont signé ce document.
Acte 4, le tweet
Frédéric Bierry (du même bord politique que Philippe Richert, LR) répond sur Twitter :
https://twitter.com/F_Bierry/status/798524440711667712
Référence au bouquin qui empoisonne la fin de mandat de François Hollande...
Acte 5, l’entente ou la fracture ? Quelques chiffres pour illustrer l’enjeu économique et politique : le taux de chômage dans le bassin d’emploi de Strasbourg est de 9,9%, en très légère baisse de 0,6% sur un an. Mulhouse, 11,6%, baisse de 0,5% en un an.
Le taux de chômage dans le Grand Est est de 9,8% au deuxième trimestre 2016. Il était de moins de 7% à la même période de 2008, avant l’éclatement de l’énorme crise économique.
En vidéo dans notre player, un clip de présentation de l’Adira.


