C’est LA grosse prise d’Emmanuel Macron dans son premier gouvernement annoncé ce mercredi après-midi : Nicolas Hulot est le nouveau ministre de la transition écologique.
Gros ministère, enjeux importants, l’ex envoyé spécial pour la protection de la planète de François Hollande va trouver sur son bureau demain jeudi lors de la passation de pouvoir avec Ségolène Royal, un dossier chaud bouillant : la fermeture (ou pas trop pour le moment) de la centrale nucléaire de Fessenheim.
C’est d’actualité : les syndicats de la centrale ont déposé ce 17 mai des recours devant le Conseil d’État contre le décret de fermeture de la centrale pris en avril 2017 par Ségolène Royal.
Souvenez-vous, le texte de dernière minute avait échauffé les esprits sur le site Haut-Rhinois qui fait travailler près de 2000 salariés.
En 2011, Nicolas Hulot était venu à Strasbourg pour manifester contre la politique nucléaire française avec d’autres associations.
Est-ce que ça veut dire que le sort de Fessenheim est définitivement plié ? Non…
Le nouveau ministre de l’écologie, même s’il a déclaré qu’il faut “réduire la part du nucléaire en France, c’est une énergie du passé”, a souvent été accusé par les écologistes de ne pas se positionner franchement contre.
Tchapp a contacté André Hatz, porte parole du réseau Stop Fessenheim.
Cette nomination est importante, il a une vraie sensibilité écologiste, c’est une bonne nouvelle. Mais… Il faut savoir que la Fondation Nicolas Hulot a été financée des années par EDF. Est-ce qu’il va y avoir un conflit d’intérêts ?
Les anti-nucléaire d’Alsace vont demander très rapidement un rendez-vous avec le nouveau ministre.
Vous savez, avec Ségolène Royal, nous avons déposé sept demandes pour des audiences au ministère. Jamais elle n’a accepté de recevoir les associations qui se battent contre Fessenheim. J’espère sincèrement que Nicolas Hulot va commencer par nous recevoir. Nous voulons échanger, nous avons un dossier pour prouver la dangerosité du site, qui doit fermer même si l’EPR de Flamanville ne démarre pas.
Plus grand motif d’inquiétude pour André Hatz, Edouard Philippe, le premier ministre.
Durant trois ans, il a été lobbyiste pour l’industrie nucléaire, du temps d’Areva. Nicolas Hulot, s’il veut faire l’indispensable transition écologique, qui ne peut passer que l’arrêt du nucléaire, devra faire preuve de courage de convictions.
Oui, Nicolas Hulot, avec les salariés de la centrale ou les écologistes, va très vite entendre parler du nucléaire alsacien...


